raton laveur domestique

Loutre, fennec, guépard… Les animaux de compagnie atypiques sont de plus en plus populaires. Plus mignons les uns que les autres, ils rivalisent sur des vidéos qui font le tour de la toile. Parmi ce cortège de mammifères exotiques, c’est le raton laveur qui vous a séduit. Pourtant, l’animal masqué est un animal sauvage. Alors, est-il possible d’adopter un raton laveur domestique ? Comment l’éduquer ? De quoi a-t-il besoin ? On vous dit tout !

Une grande capacité d’adaptation

Le raton laveur est un petit mammifère d’une quarantaine de centimètres. Son poids varie entre quatre et neuf kilos. Il présente des petites oreilles et un museau pointu doté de longues canines. Ses pattes avant, composées de cinq doigts, sont aussi mobiles que la main de l’homme. Elles sont pourvues de grandes griffes non rétractiles qui lui permettent de grimper aux arbres. Sa queue est longue et touffue. Généralement gris et noir, le raton laveur se distingue par un pelage particulier : un masque noir au niveau des yeux et plusieurs anneaux foncés autour de la queue. C’est un animal nocturne qui discerne très peu les couleurs mais dont l’ouïe est très fine.

Le raton laveur est un mammifère de la famille des Procyonidés, au même titre que le coati. Il est originaire d’Amérique du Nord et a été introduit en Europe au vingtième siècle. En conditions naturelles, il fréquente les forêts et les terres agricoles situées à proximité d’un point d’eau. Il s’abrite dans un terrier ou une souche d’arbre pour dormir. Il se nourrit alors d’insectes, de petits rongeurs, de poissons et de végétaux. Cependant, on voit de plus en plus de spécimens s’adapter à la vie urbaine. Ils s’y nourrissent des restes de nourriture humaine, souvent trouvés dans les poubelles, ou des croquettes de nos animaux de compagnie. Dans ce cas, le raton laveur élit domicile dans des bâtiments abandonnés ou les sous-sols peu fréquentés.

Une espèce classée envahissante

Vous l’aurez compris ; un raton laveur mange de tout, un peu partout. Que ce soit pour saccager une ruche et y tirer du miel, pour voler des fruits dans un verger ou pour chaparder le maïs du champ, notre compagnon masqué est plein d’inventivité !

En zone habitée, il détruit les jardins à la recherche de vers blancs et renverse les poubelles en quête de nourriture. Bref, qu’on soit à la ville ou à la campagne, on trouve souvent quelqu’un pour se plaindre des ratons laveurs. D’autant qu’ils sont présents en nombre !

Leur prolifération est non seulement facilitée par leur capacité d’adaptation, mais également par la quasi absence de leurs principaux prédateurs naturels (le loup et le renard). Pour toutes ces raisons, aujourd’hui le raton laveur est répertorié comme espèce envahissante en Europe. En France, par exemple, sa chasse est autorisée toute l’année.

Raton laveur domestique : un tempérament qui s’y prête ?

raton laveur

Au premier abord, le notre ami masqué a tout d’un opportuniste. Pourtant, derrière ses airs de chapardeur il cache de belles qualités. S’il est adopté très jeune, il se montre docile et joueur.

C’est un animal très intelligent qui apprend vite mais qui a besoin d’une éducation claire. Aux injonctions agressives, il répond sur le même ton : offensivement. C’est aussi un animal curieux qui a besoin de beaucoup de stimulations : jeux, espace extérieur, infrastructures sur lesquelles grimper, etc. Sans enrichissement, il devient vite destructeur.

Un spécimen qui grandit dans de bonnes conditions se tourne souvent en un adulte affectueux et fidèle à son maître. Il peut d’ailleurs passer de longs moments blotti contre son ami humain.

Attention, il ne faut tout de même pas oublier que le raton laveur est un animal qui n’a pas été domestiqué par l’homme. Il est encore sauvage. S’il se sent menacé ou s’il est stressé, son premier réflexe est de mordre.

C’est aussi un animal qui n’en fait qu’à sa tête. Il n’obéit que s’il a été adopté très jeune. D’ailleurs, il n’accepte pas d’être réprimandé par un inconnu. Si trouver un vétérinaire qualifié représente déjà un défi, trouver un baby-sitter est un réel challenge.

Bien entendu, il a tendance à faire ses griffes et ses dents sur les meubles. Excellent grimpeur, il escalade un peu partout. Notez que s’il vit environ cinq ans à l’état sauvage, il s’approche d’une espérance de vie de quinze ans en captivité. Enfin, plusieurs personnes ont rapporté que, sans raison apparente, leur jeune raton laveur docile était devenu un adulte méchant.

Peut-on détenir un raton laveur en animal de compagnie légalement ?

raton laveur en animal de compagnie

Si vous êtes toujours décidé à avoir un raton laveur domestique après la lecture de tout cela, sachez que le raton laveur ne figure pas sur la liste des Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC). La loi française le considère donc comme un animal sauvage, envahissant qui plus est. À ce titre, depuis l’arrêté du 14 février 2018 sa détention est illégale en France.

Il y a toutefois deux exceptions. Premièrement, si vous étiez déjà en possession d’un raton laveur avant août 2016, vous pouvez le garder jusqu’à ce que celui-ci meure. Vous devrez juste vérifier que vous respectez les conditions du code de l’environnement. Deuxièmement, si vous possédez un établissement de conservation des animaux ou une institution qui mène des recherches sur cette espèce, vous pouvez solliciter une autorisation d’adoption.

Les besoins d’un raton laveur en captivité

raton laveur dans une niche

Vous êtes dans les conditions (restreintes) pour adopter un raton laveur ? Voyons alors de quoi notre ami malicieux a besoin pour se sentir bien en captivité.

C’est un animal solitaire. Dans la nature, il vit sur un espace variant d’un à trois kilomètres. En captivité, il aura donc besoin d’un enclos très grand, pour ne pas dire gigantesque.

Le raton laveur tire son nom du fait qu’il « lave » ses aliments avant de les manger. Donnez-lui accès à un point d’eau où il pourra perpétuer cette habitude. De plus, il est friand de fruits de mer, crabes et autres poissons. C’est un très bon nageur qui s’épanouira dans un milieu humide.

C’est un excellent grimpeur qui appréciera avoir accès à des nombreux arbres. D’autant qu’il loge généralement dans un tronc creux.

Finalement, il aura besoin de beaucoup de jeux et de nouveauté. C’est un animal aventureux et curieux.

J’ai trouvé un raton laveur, que faire ?

Vous avez trouvé un jeune et vous ne savez pas quoi en faire ? Autant que possible, laissez l’animal là où il est et laissez la nature faire. L’espèce étant classée comme envahissante et invasive, c’est-à-dire nuisible, rares sont les institutions qui la recueillent encore. Très souvent, un animal trouvé dans la nature et amené à un établissement finit euthanasié.

L’animal est blessé, désorienté et vous souhaitez absolument forcer la chance en le prenant sous votre aile ? Voici les précautions indispensables à avoir :

  • Ne le touchez pas sans gant ! Quatre-vingt-dix pourcents des ratons laveurs sont porteurs de parasites, dont certains sont mortels pour l’être humain.
  • Essayer de replacer l’animal dans un endroit abrité à proximité du lieu où vous l’avez trouvé. Il peut s’agir d’un buisson ou d’une souche d’arbre, par exemple. Ses parents pourront venir l’y rechercher.
  • Évitez de laisser vos animaux de compagnie s’en approcher. S’il y a contact, amenez ces derniers chez le vétérinaire pour vérifier qu’il n’a pas attrapé la rage ou un parasite.
  • En ultime recours, emmenez l’animal dans un refuge ou un établissement de conservation.

Et vous, vous avez déjà croisé cet animal ? Qu’en avez-vous pensé ?

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